Apercu
La Santé Reproductive, Maternelle, Néonatale, Infantile, des Adolescents et de la Nutrition (SRMNIA-N) constitue un domaine prioritaire de santé publique visant à améliorer le bien-être des femmes, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents, en réduisant la mortalité et la morbidité évitables. Au Sénégal, cette priorité est intégrée dans les orientations stratégiques nationales, notamment l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et la Lettre de Politique Sectorielle de la santé 2025-2029. Les efforts déployés par l’État et ses partenaires ont permis des progrès significatifs, notamment la réduction de la mortalité maternelle de 236 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2017 à 153 en 2023. Toutefois, des défis importants persistent, en particulier en matière de financement durable des interventions liées à la SRMNIA-N.
L’analyse des Comptes de la Santé pour la période 2022-2023 montre que les dépenses consacrées à la santé de la reproduction s’élèvent respectivement à 96,5 milliards de FCFA en 2022 et à 117,7 milliards en 2023, représentant environ 14 % des dépenses courantes de santé. Les dépenses domestiques constituent la principale source de financement (environ 78 %), mais une part importante de ce financement repose sur les ménages, qui supportent à eux seuls près de 36 % des dépenses. Cette situation met en évidence la persistance d’un fardeau financier important pour les populations.
Par ailleurs, les partenaires techniques et financiers continuent de jouer un rôle déterminant dans le financement de certaines composantes essentielles du programme, notamment l’approvisionnement en médicaments et produits essentiels, le renforcement des capacités du personnel et l’appui aux activités de coordination, de formation et de supervision. L’analyse révèle également une baisse préoccupante de 21 % des dépenses publiques consacrées aux soins préventifs entre 2022 et 2023, alors que ces interventions sont cruciales pour améliorer les résultats en matière de santé maternelle et infantile.
Face à ces défis, la note de politique souligne la nécessité d’accroître les ressources publiques destinées à la SRMNIA-N et d’améliorer les mécanismes de financement afin d’assurer la pérennité des interventions. Elle recommande notamment l’augmentation du budget de l’État, le renforcement des investissements dans les actions de prévention et de promotion de la santé, l’alignement des partenaires sur les priorités nationales, la mobilisation accrue des collectivités territoriales et du secteur privé, ainsi que la mise en place d’un fonds commun national dédié à la SRMNIA-N pour garantir un financement durable et équitable des interventions prioritaires.